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Bienvenue dans l'espace de La lanterne magique. Variations projetées sur le thème de l'art-thérapie et autres curiosités.

Jeudi 28 juillet 2011 4 28 /07 /Juil /2011 19:12

Extrait clinique, vignette d'une intervention en art-thérapie dans un EHPAD

 

Monsieur Luluh a 87 ans il est atteint de maladie d’alzheimer à un stade avancé, mais il ne réside pas dans l’unité de soin protégée. Il est arrivé dans cet EHPAD depuis presque deux ans. Il est des jours ou Monsieur Luluh se met en colère et devient agressif à l’encontre du personnel le plus souvent et plus rarement à l’encontre d’autres résidents. Il est souvent seul ou attablé avec d’autres les échanges sont alors très pauvres, mais son visage demeure très expressif.

C’est en travaillant autour du récit de vie (constitution d’un livret de vie) en atelier individuel que je chemine aux côtés de Monsieur Luluh. Il ne peut pas écrire, je prends note pour lui, je lui propose de choisir des images, de dessiner ou de peindre et à chaque fois je ramène le travail des fois précédentes. Nous avons des « rituels » petites habitudes en référence à notre rencontre : une carafe d’eau pleine et fraiche (Mr Luluh répétera son plaisir de boire un verre d’eau si fraiche), parfois du sirop de menthe et un gâteau que je me débrouille à avoir, car Monsieur Luluh est gourmand. Cette habitude n’est pas anodine Monsieur Luluh l’associe à l’une de ses professions « serveur, patron de bar ».

Ce livret n’est pas une « belle » production académique il a pour vocation d’accueillir de la façon la plus simple et la plus adaptée à Monsieur Luluh ses propos, de lui laisser le plus d’espace de construction possible tout gardant ma main a proximité s’il en a besoin. Peu à peu (alors que l’évolution des différents symptômes s’accélère) je deviens la réalisatrice du livret, mais Mr Luluh demeure l’auteur et conserve le choix. 

 

Alors que nous nous sommes rencontrés pendant trois mois son état va s’aggraver de façon importante (détérioration physique et psychique). Monsieur Luluh continuera à dire, puis il peindra les feuilles avec des couleurs qui seront le fond, le support des dires que nous mettons en pages et enfin il feuillettera son livret quand il sera trop difficile de poursuivre. Monsieur Luluh décédera  après un séjour de trois semaines à l’hôpital alors que je lui avais présenté le premier tome relié, le deuxième tome ….

 

Comme je dois me déplacer dans les différents « secteurs de la résidence » je prends à chaque fois un panier en osier tressé pour transporter du matériel de la réserve à l’endroit de l’atelier : souvent de la peinture, des feuilles de couleurs et vierges, stylos, feutres, revues. Ce panier a souvent attiré les résidents qui sont issus d’un milieu rural et ont eux-même tressés l’osier ou en ont le souvenir. Les détails importent.

Un jour alors que Monsieur Luluh est seul à une table, il paraît désemparé et marmonne quelques propos que je ne saisis pas. Je m’approche de lui et me présente. Je lui demande si je peux m’asseoir, il me répond que oui mais qu’il n’a rien à m’offrir à boire : c’est alors que je comprend son embarras et ses propos : une carafe pleine devant lui, mais pas de verre : Monsieur Luluh ne sait pas où se trouvent les verres et il a soif . 

 

Autour d’un verre d’eau fraiche Monsieur Luluh retrouve retrouve le sourire et me demande ce qu’il y a dans mon panier. Je lui montre. Monsieur Luluh comprend de tout ce bric à brac une chose dit-il :  mon travail n’a pas l’air facile et le voilà qui commence alors à me parler de sa vie professionnelle. C’est ainsi que chaque semaine je propose un temps d’atelier individuel à Monsieur Luluh pendant lequel il raconte des traces de sa vie que je mets sur des feuilles en lui demandant  des précisions en faisant des recherches sur les sujets qu’il aborde je lui propose de relire les ce qui a été tissé jusqu’alors et de choisir des images, de dessiner. Ainsi Monsieur Luluh raconte et parfois met en acte les moments de sa vie qui paraissent le sortir de l’état quelque peu mutique dans lequel il se trouve. Il s’anime à raconter, se répète aussi souvent .

Le fait de retrouver ce qui a été dit et fait les fois précédentes le relance vers d’autres souvenirs ou lui en font développer ou préciser certains. Après trois ou quatre rencontres il me reconnaît systématiquement je suis apelée « ma petite » ainsi nommée  il n’y a plus d’embarras avec le souvenir d’un prénom…

Il associe nos ateliers de récit de vie au labeur professionnel souvent, aussi cela lui donne du « travail », se pourrait-il qu’il se sente narcissiquement revalorisé par ces rencontres ? Il semblerait que désormais avec ces ateliers Mr Luluh ait un travail et que ceci l’inscrive à nouveau dans un environnement où il à sa place, son utilité et qu’il se sente valorisé et reconnu enfin sous cette idée de labeur.  Il redevient à nouveau ce sujet trébuchant dans les trous de sa mémoire, mais faisant tout de même chemin en bricolant comme il peut.

 

Il quitte ainsi la posture inconfortable d’objet de soin désorienté, son agressivité est apaisée en effet il comme euphorisé par ces ateliers et lorsqu’ils sont terminés il va s’asseoir près de quelques autres résidents et tente de plaisanter ou sourit. Il accepte les questions (simples) des soignants et répond souvent de façon souvent adaptée ou bien masque la défaillance par un trait d’esprit. 


Par Angélique RICHARD
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Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /Déc /2009 15:56

 


Le comble ?

La liste fait écho à notre peur de manquer, a notre besoin de recenser, d’énumérer, de compter, de ne pas oublier, d’être complet, etc. La liste fait écho à nos névroses, souvent : c’est courir après l’ombre. Chercher à éclairer un tout qui ne sera jamais, c’est une course qui pallie à …et qui donc rassure et parfois une angoissante roue celle du presque, pas tout à fait. Parfois la liste qu’on essaie de compléter nous laisse un peu répit, un instant rassasié de ces accumulations sans aucun autre désir que celui du blanc et qui n’est pas le vide.

 

La particularité de la liste c’est qu’elle dit tout et qu’elle ne dit rien, elle ouvre vers l’infini, les multiples, les associations innombrables. Elle nomme ce qui pour fait clin d’œil à cette pensée lacanienne : tuer la chose par le fait même de la nommer mais….

Cliché 2009-12-10 16-40-36-copie-2
 

 

 

Au delà de nommer ?

Au delà de nommer parfois de façon nécessaire- dans les prémices de la démence par exemple (je pense à ce film dont j'ai déjà parlé se souvenirs des belles choses)nommer, énumérer peut ici rassurer- c'est plus souvent de façon triviale une liste de courses (des poires restent des poires sur une liste maintenant combien, de quelle espèce et à quelle maturation et si les mandarines sont plus ou moins….) enfin quoi ? 
La liste est-elle un fixateur, une mort de quelque chose, un but sans chemin ? ou permet-elle de saines dérives ?
Dans le domaine de l’art-thérapie, nous y reviendrons plus loin, on y associe bien vite avec les méthodes « comportementa-listes », l’étiquetage par la symptomatologie (DSM) allons jusqu’à effrayer véritablement :  un catalogue dans lequel seraient étiquetés, catalogués les humains qui ne « fonctionnent pas normalement » et  des thérapies qui donnent à faire des listes comme des ingrédients d’une recette pour un aller mieux. Bon…
 

 

Aujourd’hui, cette année même, il me semble c’est le mot de l’année : la liste.
 

L’apogée est actuelle dans le « domaine culturel médiatisé » avec l’exposition del’ caro Umberto eco au Louvre « Mille et tre : vertiges de la liste »1 je ne pourrais pas voir cette exposition pour autant si certains visiteurs veulent en dire quelque chose sur ce blog…

Il y a eu également Charles Dantzig2 avec son  encyclopédie capricieuse du tout et du rien  paru il y a quelques temps il disait quelque part dans l’ouvrage « Une liste serait-elle une boite à papillons vivants ? » . Aussi ce jeune écrivain surprenant, Bernard Quiriny avec ces Contes carnivores 3 tourne autour (des listes et catalogues) dans certaines de ces nouvelles : « Quelques écrivains, tous morts » ou dans les trois projets de Pierre Gould (« annuaire permanent des donneurs de leçons, guide des écrivains surestimés, anthologies des jurisprudences gondolantes »).

Bien avant, avant encore,  il y avait Sei Shônagon, femme de lettres Japonaise qui écrit vers l’an 1000-1001 le livre Notes de chevets 4. Ce livre est considéré, comme…inclassable.
 

En parallèle d’un chemin artistique de plus en plus usité c’est aussi dans la société, dans notre quotidien que la liste prends de l’ampleur.

Dans une interview qu’Eco donne à Télérama http://www.telerama.fr/livre/umberto-eco-internet-encourage-la-lecture-de-livres-parce-qu-il-augmente-la-curiosite,47983.php - http://www.telerama.fr/livre/umberto-eco-internet-encourage-la-lecture-de-livres-parce-qu-il-augmente-la-curiosite,47983.
L’écrivain parle du concours que porte internet à ce développement, je ne pense que ce soit la seule raison il en est d’autres notamment l’inabouti, l'ouverture et ce qui fait que la forme n’est jamais définitive. Eco parle de poésie et évoque les  « et cætera » des fins ( ?) de listes. C’est là justement qu’il me semble qu’il y a voir en art-thérapie : dans les et cætera.

 Et cætera

Une des idées de la médiation est de laisser aller la spontanéité d’expression du patient, de la favoriser en l’ accompagnant de façon discrète quand nécessaire. Ainsi le patient pourra, s’il le souhaite observer ce qui a fait trace et peut-être en dire quelque chose.
Avec l’écriture comme médiation ce n’est pas le plus aisé. Le mot "termine ou clos quelque chose" m’ont dit parfois les patients, ceci est un ressenti. Il est un fait que souvent l’écriture est perçue majoritairement comme synthétique, formelle, pragmatique par les patients. C’est d’air alors dont il est nécessaire (un peu comme les listes qui classent, claquent, ferment). Au lieu de coller il faudrait voir si peut décoller, déjà un peu.

La possibilité de jouer avec les mots peut être suggérée alors dans les ateliers (cadavres exquis, écriture automatique, etc.). La liste peut alors devenir l’appogiature d’un : vers autre chose, d’une butée dépassée, d’autres possibles, sans fin, la fenêtre ouverte. Elle peut aussi permettre de faire le lien avec autrui et se compléter, avec d’autres.

Si la liste peut-être dangereuse, réductrice, vide de sens,  elle pourrait aussi  être un trampoline, une façon d’ouvrir l’horizon, etc.
 
1 Exposition du 07/11/2009 au 08/02/2010 Le Louvre invite umberto Eco : Mille e tre 
2 Charles Dantzig, encyclopédie du tout et du rien, ed. Grasset 
3 Bernard Quiriny, Contes carnivores, ed Seuil
4 Sei Shônagon, Notes de chevets Connaissance de l'orient, ed Gallimard/Unesco
Par Angélique RICHARD
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Samedi 26 septembre 2009 6 26 /09 /Sep /2009 18:30


Il s'agit d'un message qu’un ami m’a envoyé suite à sa visite d’une exposition à la Biennale de Lyon.
Témoignage que j’ai trouvé spontané, poetique et bien vivant ou ce que la rencontre avec une œuvre peut produire ….
Evidemment vous pourrez bien demander qui est ce voleur, il a déjà changé depuis…Mais qu'il se méfie, un voleur volé pourrait donner de l’écho à ce qui paraît une anedocte.

 Oeuvre de Dora Garcia "Steal me"

« - C'est une artiste, Dora Garcia, qui expose à la sucrière une oeuvre constituée de livres identiques exposés sur un socle, sur chaque livre est écrit " STEAL ME".

Alors dès que le gardien a eu le dos tourné je l'ai volé.

Deux secondes après je suis redescendu sur terre, et là grosse montée d'angoisse ( style " - Nico tu as sous ton mentaux une oeuvre d'art, t'es vraiment trop premier degré, ça devait être une simple provocation permettant d'interroger le spectateur sur la distance entre l'oeuvre et son public, je sais pas une sorte de truc concept")

Et c'est là qu'a commencé un méga périple ( il me restait 2 étages d'expo à voir, il y en a 3  à la sucrière).

Les gardiens ont commencé à me regarder bizarrement, mais je me suis dit que j'étais parano ( En réalité, y avait un grand trou dans l'oeuvre de Garcia parce que le livre que j avais volé se trouvé au milieu, donc les gardiens avait été rapidement au courant).

Je n’arrive vraiment pas à être naturel : je m'arrête à une vidéo d'artiste, tourne autour d'un objet rond et bizarre exposé au milieu d'une salle et fini finalement par trouver un peu de repos dans une cabane de plage reconstituée dans laquelle une video de … plage est exposée.

Un garde passe, talkie à la main, il me dit bonjour ... je lui dit bonjour... à cet instant je suis persuadé de me faire arrêter et de passer la journée au poste de police, je voit deja mon image au journal de france 2 avec un commentaire du style " un jeune psychologue, qui n'a apparemment pas compris la notion de concept dans l'art contemporain pris en flagrant délit de vol ... "

A cet instant je me dit que je suis fichu, que ma carrière est finie et que je vais devoir me muscler dès maintenant pour me préparer à la prison.

Un autre gardien un peu plus loin dans une salle sombre avec un haut parleur qui diffuse un son ultra grave : "bonjour monsieur " . Je me sent à cet instant sérieusement traqué, il faut que je repose le livre, mais où ? impossible il y a des caméras,  et si on ne m'a pas vu ? Qu’il y a encore un doute ?! Et si on me voit le sortir de sous ma veste sur les caméras ...?!!!!

Alors je descend les étages d'un pas nonchalant ( mais j'enjambe trois marches à la fois ). J'arrive à la sortie, je me dis que c'est foutu, il y a deux gardiens qui semblent m'attendre, je suis mal... Je les salut...il ne se passe rien et je suis dehors!!!!!!!

Je prend le bus ( 5 arrets) puis le metro ( 7 stations) je marche ( 700 mètres) et m'arrête à un petit bar, j'ouvre enfin le livre et là, là ... Je me dis que je viens de vivre l'expérience la plus intense de ma vie de spectateur d'oeuvre !!!! Bravo l'artiste ça c'est de l'interaction avec le public!!! »

Nico

Par Angélique RICHARD
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Samedi 4 avril 2009 6 04 /04 /Avr /2009 14:58
Jouer ? C'est pourquoi ? Quelles sont les régles ? tricher, gagner, perdre....

Sculpture de fer, the brass family, calder

Finalement ces interrogations, ces angoisses, ces oublis d'avant du temps ou c'était pour du semblant ressurgissent régulièrement au sein de mes ateliers d'art-thérapie en psychiatrie...
Elles s'en vont ensuite la plupart du temps ces questions et ces angoisses : comme si les comédiens avait fini la première et qu'une série de représentations suprenantes pour tous allait débuter. Une improvisation delestée de la pesante mais néanmoins utile et légitime armure.
Plon plum ce sera moi qui sera....

Les enfants ont en commun avec les artistes le gôut du jeu.
Jp Royol l'écrit dans son livre Art-thérapie-Quand l'inaccessible est toile : "Les artistes ont le goût du jeu. Nous les voyons prendre des raccourcis jubilatoires avec les matériaux, comme s'ils produisaient de véritables jeux de mots. Ces jeux contagieux sont capables d'entrainer tout un florilège de rébus joyeux, alors que le travail de la penséée tendait à s'engluer dans de mornes répetitions.
En art-thérapie on retrouve donc le droit de jouer en présence de quelqu'un qui sait encore ce que jouer veut dire.
C'est que le soin ne suffit pas si la raison ne chante."

Le confort n'est pas. Il manque, il n'y a pas de tout dans l'atelier. On ne sait pas faire, il n'y a pas de notice ou de fiche technique. On essaie avec ce truc et celui là pourrait faire l'affaire, voir si ça tient. On bris-colle. Souvent c'est du fil à rétordre et là c'est avec du fil de fer qu'on peut esquisser et donner forme.
Un atelier avec comme médiation la sculpture de fil de fer ça délie. Plaintes, rires mais surtout soudaines apparitions non maitrisées dont on se sert pour raconter une histoire. La poesie rode, le ronronement disparait le surgissement peut se montrer.


@Nico.

"Oui ! cette oeuvre d'art
dont semble s'amuser le vent,
Ce jouet, pour tout dire,
retient ma gravité,
Il ne distrait pas du monde,
Il lui chante au fond la candeur réelle,
Il la replace dans la grande enfance
des libres chercheurs;
Je le répète : il ne distrait pas du monde." Henri Pichette


Il y a une exposition de Calder à Beaubourg actuellement et l'homme et ses oeuvres ultra-poétiques sont une source d'inspiration pour les ateliers qu'ils s'agisse de son cirque mobile et de ses personnages fabuleux, de ses mobiles ou par la suite de ses stabiles. Le mouvement contre la répétition, la légéreté, les élements, la relation entre chacun d'entre eux, l'apesanteur et le lourd....

Calder mobile

Si la notion de jeu (playing) nous fait associer rapidement avec Winnicott et son espace transitionnel ne peux-t-on y associer aussi Calder pour la poesie ?
On disait qu'on jouait au Calder pour du sang blanc mais c'était soi en vrai
Un atelier pourrait proposer comme thématique la création d'un mobile (le mobile du passage à l'acte créatif ?) après un autre atelier qui aurait proposé des scènes et personnages issus de la sculpture sur fer par exemple.
Si les défenses et l'inhibition sont souvent rencontrées et doivent être respectées par l'art-thérapeute des propositions d'allégresse accompagnées peuvent aider à retrouver une bulle de reverie.

L'éventail est infini alors, vous souvenez-vous les milliers de jouets n'existaient pas ou bien que l'argent était rare ou bien que l'on devait se cacher que le temps de jouer dure toujours ? On prenait ses doigts pour des bonshommes et dans la semi obscurité on se racontait des histoires ou bien on s'essayait aux ombres japonaises. Après Calder on pourrait penser à un atelier "à la  Boltanski" sur la base des ombres ?







Par Angélique RICHARD
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Lundi 27 octobre 2008 1 27 /10 /Oct /2008 18:14
Par Angélique RICHARD
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